Quand les travailleurs sabotaient
LivreDisponible
France, États-Unis, 1897-1918
Publication
Marseille : Agone, DL 2024
Importance matérielle
1 vol. (455 p.) : ill. : 21 cm
L'histoire du monde du travail, dont les médias et le monde politique négligent, méprisent et effacent la réalité historique et sociologique, n'a pas fini de nous donner des leçons sur la culture de la résistance. « Quelle que soit la manie`re dont on qualifie la litte´rature, les discours, les repre´sentations et les pratiques lie´s au sabotage en France et aux E´tats-Unis jusqu'a` la guerre, il n'en demeure pas moins que le phe´nome`ne n'a aucun e´quivalent ailleurs dans le monde, ni dans sa nature, ni dans son ampleur. Toutes les forces syndicalistes re´volutionnaires ont e´te´ re´ceptives au concept, mais seuls les militants franc¸ais et les Wobblies e´tatsuniens ont produit une doctrine originale du sabotage qui a rencontre´ un e´cho international – comme en te´moigne la diffusion internationale du terme franc¸ais et du symbole du chat noir. En outre, malgre´ leurs particularite´s respectives, les deux formes de cette tactique qui se de´veloppent de part et d'autre de l'Atlantique sont lie´es et peuvent donc e^tre appre´hende´es comme les deux e´tapes d'une me^me histoire. » L'urgence climatique et sociale a remis au gou^t du jour l'activisme radical, dont le recours au sabotage. Loin de se re´duire a` une de´gradation mate´rielle, cette pratique a souleve´ d'immenses espoirs dans les rangs syndicalistes re´volutionnaires de la « Belle E´poque », au point d'e^tre the´orise´e et mise en œuvre de manie`re collective. De la Confe´de´ration ge´ne´rale du travail (CGT) en France aux Industrial Workers of the World (IWW) aux E´tats-Unis, le sabotage apparaissait alors comme une tactique le´gitime, imparable, et contre laquelle patrons et gouvernants ne pouvaient rien. Cette expe´rience syndicale e´claire la porte´e et les limites d'un moyen d'action marginalise´, objet de nombreux fantasmes.