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LivreNon disponible
Une histoire des oeuvres invisibles en Occident
Publication
Paris Cedex 07 : Éditions Gallimard, 2025
Importance matérielle
1 vol. (319 p.) : illustrations en noir et en couleur : 22 cm
Il s agit de prendre l histoire des usages de l art à rebours. Les Suvres, considérons-nous, sont faites pour être montrées de la façon la plus large possible, mais durant des siècles et même des millénaires, il n en a pas été ainsi. C est l histoire de la dissimulation voulue des Suvres, et de la force, parfois, qu elles acquéraient en étant tenues éloignées d une admiration constante, qui est tentée dans cet ouvrage.Plusieurs questions occupent notre essai : les Suvres étaient-elles destinées à être montrées ou seulement à exister ? Celles qui étaient visibles l étaient-elles absolument ou de façon discriminée ? Qui, alors, pouvait voir quoi, quand et dans quelles conditions ? L enquête, commencée dans les grottes de la Préhistoire, se poursuit dans les tombeaux d Égypte. Elle continue à Byzance après le VIIIe siècle quand les icônes, couvertes de métal, étaient de plus protégées par des tissus ; et en Occident où les « voiles de Carême » empêchaient de contempler des peintures qu on ouvrait, ou fermait, dans des conditions précises.La Renaissance tient dans cette investigation une place majeure. Des Suvres jugées offensives étaient dissimulées par d anodins sujets : il allait ainsi pour Van Eyck (Les Époux Arnolfini de Londres couvraient une Toilette) ou pour Léonard derrière La Joconde aurait dû se trouver une version avec le modèle nu.L essai examine les collections au XVIIe siècle (les Suvres y étaient couvertes de rideaux) et au XVIIIe quand, dans le « boudoir », le maître de maison ne révélait ses biens qu à des intimes. Il chemine par les musées où l on prit des précautions pour que le grand public ne voie pas d Suvres qui puissent choquer (le « musée secret » de Naples) et se conclut avec L Origine du monde de Courbet, tableau qui, jusqu à son exposition à Orsay, fut caché dans des pièces intimes de demeures de collectionneurs ou derrière un rideau puis diverses peintures jusqu au « cache » d André Masson, beau-frère du psychanalyste Lacan qui en fut l